Cape d’indifférence au bruit du monde, installation exposée à la Villa Dutoit, 2015
Quotidiennement, dans une profusion d’images d’actualités, nous sommes assaillis, envahis, submergés, assourdis par le bruit du monde. Pêle-mêle guerres, concerts de rock, révolutions, famines, conférences mondiales, attentats, défilés de mode, tornades, naufrages, épidémies. Transition impossible. Brouillage total.
La connaissance en temps réel des désastres collectifs et individuels ne permet pas pour autant de réagir, ni d’agir. Nous sommes paralysés par trop d’images et trop d’informations. Impuissance, culpabilité et finalement lassitude. Envie de fuir. Ne pas voir, ne pas entendre.
Cette installation (silencieuse) représente le bruit assourdissant du monde par une avalanche d’images muettes. Le spectateur assiste au spectacle du monde comme il en a l’habitude, mais sans entendre ses plaintes, ses cris, ses appels.
Une surabondance d’images est projetée sur un objet qui figure un être humain. Cet objet est un vêtement, une cape, et en même temps, un abri contre la violence des images, la violence du monde.
Sur son dos, pleut un déluge d’images d’actualités. Ces images et leur succession très rythmée, d’un flux continu, donnent une impression « assourdissante », cela malgré le silence.
Le visiteur, en se déplaçant, en contournant le personnage, se trouve en présence d’une enveloppe vide. Il peut voir l’intérieur de la cape, et pourrait même s’y abriter, car elle est tapissée de mousse phonique insonorisante.